Virée hivernale en Bretagne : de Saint-Suliac à Cancale.

Écrit part Bastien

Le sourire aux lèvres, c’est ainsi que nous avons commencé ce weekend de découverte en contrée bretonne. Le plan était simple : partir un vendredi après-midi et revenir le dimanche en fin de journée, afin de profiter un maximum des petits villages typiques, de la ville fortifiée de Saint-Malo et de la Côte d’Émeraude. En terme de météo, notre trajet en voiture fut un prélude à tout ce que nous allions vivre : des plus terribles conditions à la plus douce des brises…

Préparation et adaptation au climat breton

Après 3h de voiture où notre moral oscillait au grès des rideaux de pluie et des troués de soleil, je garais la voiture dans une ruelle tranquille entre le quartier de Saint-Servant-sur-Mer et le quartier de la Hulotais.  Pour ce voyage, nous avons choisi d’utiliser le système de réservation AirBnB pour dénicher un chez-nous dans notre budget. Au final, nous avons posé nos affaires chez Delphine qui nous a loué son appartement pour le weekend. Une fois la voiture déchargée, un coup d’œil sur la carte (merci HereMaps) nous apprend que quelques kilomètres à peine nous séparent de la vieille ville de Saint-Malo. Ok, il est 16h et malgré des jambes faiblardes après le trajet en voiture, pas question d’aller faire du farniente sur le grand, très grand canapé de notre hôte alors que la ville nous tend les bras !

Sous un ciel mi-figue mi-raisin, on décide de profiter des dernières heures du jour pour faire les courses du soir et explorer les environs. Bien nous en a pris puisque nous avons pu pousser jusqu’aux portes du vieux Saint-Malo intramuros et ainsi chiper quelques prospectus et un plan des environs à l’office de tourisme. Un vent frais nous pousse dans le dos. Le retour à notre appartement se fait avec un soleil déclinant, en compagnie des mouettes et goélands criant à qui mieux-mieux au-dessus du port. Grâce à nos cartes et plans de randonnée, on s’organise pour les jours suivants : ce sera la mâtiné à Saint-Suliac, labellisé plus beau village de France et l’après-midi on visitera le vieux Saint-Malo. Dimanche, on suivra la Côte d’Émeraude en direction de la Pointe du Grouin, puis nous redescendrons sur Cancale.

Même sous la pluie, un touriste tu resteras

Nous nous réveillons au petit matin, il est 7h.  Un doux clapotis se fait entendre dans le lointain, comme un crépitement léger. Le lever du volet mécanique vient confirmer l’évidence : il pleut ! Bon, nous savons désormais que nos parapluies vont servir mais ce n’est pas grave. Nous ne changeons rien au plan et ce matin, c’est parti pour prendre l’air à Saint-Suliac.

Saint-Suliac en mode humide

Situé sur la rive droite du fleuve de la Rance, ce village peut être qualifié de typique puisqu’il se compose quasi-uniquement de belles maisons de pierre à l’aspect reconnaissable comme les « longères » et les maisons de pêcheur, dites « côtières ». Son passé fortement marin est rappelé par des filets de pêche accrochés sur les façades, des balises flottantes installées en haut d’un mur, etc. Nous avons même une chaumière au centre avec son toit en chaume (et oui).  Le village compte également une jolie église accolée à un vieux cimetière, visible depuis le port. Saint-Suliac compte aussi un sentier de randonnée le long de la côte, que nous  avons pu pratiquer jusqu’à un escalier plongeant dans les eaux… mauvaise saison ou marée montante ?

C’est bien beau tout ça mais nous on se prend une fine pluie dans les dents depuis déjà plus d’une heure. Afin de prendre des photos, j’ai mis en pratique pour vous le conseil donné à tous les photographes sans le sou : le sachet de congélation en guise de housse de protection ! C’est pas cher, c’est souple et c’est transparent. Que demander de plus ? Bref, malgré notre enthousiasme, nous écourtons notre exploration et retournons dans la voiture pour y sécher un peu et décider de la suite.  Sur la route, nous avions repéré une superbe bâtisse au bord de la Rance qui avait l’air en ruine et abandonnée. Je me dis que c’est un super spot photo et ayant l’approbation de ma compagne, nous allons garer la voiture non loin histoire d’immortaliser l’ambiance. Ça c’est fait. Une fois de retour à la voiture, on décide d’y manger, la radio en font sonore.

Le Grand Aquarium de Saint-Malo

L’horloge tire vers les 13h quand une fois le dessert terminé , nous nous rendons au Grand Aquarium de Saint-Malo ! Passer quelques heures à l’abris et pouvoir contempler les merveilles de l’océan c’est quand même très cool. En plus, à cette saison, nous sommes encore peu nombreux à faire cette visite que je vous recommande : on y voit de superbes animaux dans des bassins aux décors variés et assez propres. Même si nous préférerions voir cette biodiversité dans un milieu naturel, cela reste une expérience agréable.

Saint-Malo intramuros

Nous sommes à l’heure du goûté et nos pas nous dirigent fermement vers l’une des portes de la vieille ville, où un pavé glissant nous attend. Miracle, il s’est arrêté de pleuvoir. Le ciel gris fait ressortir les enseignes lumineuses, la pierre humide est luisante et les trottoirs ridiculement étroits… mais ce que c’est classe quand même !  La ville est constituée de rues rectilignes pour la plupart, les constructions sont hautes et toutes de pierres vêtues. La rue principale plutôt fréquentée, permet de traverser la ville de part en part si on le souhaite. Je vous conseille de vous perdre dans les ruelles car il y a beaucoup de détails architecturaux intéressants et de nombreuses boutiques uniques en leur genre. Bien évidemment on se retrouve assez vite à se promener sur les remparts, attirés par les hauteurs et la vue décoiffe. Au sens littéral. Le vent froid nous envoie des bourrasques violentes et joue à nous déstabiliser alors qu’on admire la plage et des kayakistes ayant bravé les éléments. Malgré le paysage, on finit rapidement dans un bar à vin chez les « Les Terroiristes Associés », au chaud, entrain de siroter un bon vin rouge de bourgogne et un de bordeaux. Que voulez-vous, face à l’adversité il faut savoir attendre le bon moment. Nous finirons la soirée dans un super restaurant, la crêperie « Grand Mère Alice ».

Saint-Malo extramuros

En bon malouin que je suis, je ne profite pas du dimanche pour dormir, mais plutôt pour me lever tôt et partir en solo voir ce que donne notre cité de pierre avec un soleil levant. Car oui, la météo prédit du beau temps pour ce dimanche.  Il est 8h lorsque je pose le pied sur le quai, la narine frémissante et l’appareil photo dégainé. Je fais un tour sur le chemin de ronde et traîne sur la jetée, jusqu’au Phare Môle des Noires. Le levé du soleil teinte de rose les remparts, les nuages ondulent sous la brise… le spectacle est magnifique.

Au soleil, le long de la Côte Émeraude

Une fois l’appartement rangé et nettoyé, nous chargeons nos bagages et partons nous faire dorer la pilule dans la verte bretonne. Zut, manque de bol, le soleil joue à cache-cache et en plus le vent est si puissant qu’on a l’impression d’être dans une soufflerie géante. Faisant fit de ce temps coriace, nous serrons nos lacets, enfilons bonnets et capuches et c’est partie pour une ballade où le plaisir de se faire fouetter par les rafales n’égale pas celui de la découverte ! Nous progressons en saut de puce, mi-jambe, mi-pneu, jusqu’à la Pointe du Grouin. C’est un super spot où le panorama sur la baie du Mont Saint-Michel est grandiose, entre rochers, buissons ras et océan agité. On y restera le temps de casser la croûte et de s’user les yeux sur le paysage côtier.

Cancale the last one

On nous avait parlé de Cancale à l’office de tourisme. On nous avait même fourni une carte de la commune. On se disait que ce devait être un lieu sympa et on ne pouvait pas avoir plus raison. Lorsque nous y avons garé la voiture, nous ne voyons qu’une sympathique commune française mais sans plus. Mais ça, c’était avant de descendre jusqu’au port de la Houle ! C’est un véritable étalage de boutiques, de bars et de restaurants faisant face au port.  Alors que nous étions un dimanche, quelques établissements étaient ouverts et c’est au « Tape Cul » que nous avons choisi de poser nos postérieurs en vue de boire un café. Le bar est aussi cool que le laisse présager son intitulé : il a de la gouaille, la décoration est à la fois marine et kitch tandis que le comptoir est constitué en partie par une sorte de bateau. Une bonne adresse quoi ! Après s’être requinqué, on regarde une dernière fois, nostalgique, cette ville taillée pour les vacances. L’heure, c’est l’heure. N’oublions pas le trajet du retour, il est temps de revenir à la maison.

Matériel photo utilisé :

  • Fujifilm XT-1
  • Objectif XF 14 mm
  • Objectif XF 55-200 mm
  • Objectif Helios 44-M 58 mm